Stuman show #9 feat. Les frères Pastor (Still Muzik)

Stuntman Show 9 mixed by Electroom Acoostap featuring Les Frères Pastor (Still Muzik).

Every last week of each month, listen the new Stuntman Show mixed by your host Electroom Acoostap! For this episode 9, a perfect blend of hot stuffs to close 2014 + the exclusive mix by the duo brothers from Paris Les Frères Pastors founder of the sup label Still Muzik (Elaquent, The Marv..)
Enjoy ~ ~ > > See you in 2015

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Design by Sal Martin (Co-founder of Cascade)

​INTERVIEW > Electroom Acoostap to Frère Pastor (Still Musik)

On vous connait comme dj au mellotron, beatmaker pour Fabio, collectionneur de vinyles et tenancier de label, d’où vous vient cette vocation pour la musique?
Est ce que cet engouement provient de la famille, de rencontres… racontez nous cette histoire!

Adrien : Franchement, je ne saurais l’expliquer. On ne vient pas d’une famille particulièrement mélomane. Pas plus que ça quoi…
Petit, je me souviens de deux événements musicaux qui m’ont marqué à la fin des années 80, début 90. A l’époque nos parents étaient proches du père de Manu Chao, alors on a eu la possibilité d’assister à certains concerts de la Mano Negra, je me souviens notamment de celui de la Plaine Saint Denis, on était mes frangins et moi, entre la fosse et la scène, derrière la sécu, la guitare de Roger Cageot en pleine poire… ça m’a sans doute vrillé un peu le crâne.
Le deuxième c’était un été pendant la feria à Malaga, Celia Cruz a fait un concert en pleine rue, il y avait des milliers de personnes, des danseurs, une foule surexcitée, l’ambiance était dingue. Les émotions que j’ai ressenti à ces moments là marque peut-être le début de mon engouement.
Par ailleurs, c’est le rap du milieu des années 90 nous a happé, vite on s’est totalement épris de cette musique.
Fabio a commencé à acheter des vinyles de rap, c’était le seul support si tu voulais des instrus. Puis il s’est mit à composer des beats pour un groupe de rap qu’il avait monté.
Moi j’ai pris le virus du vinyle et j’ai commencé à collectionner les vinyles de rap des années 90 de manière quasi maladive.
Comme tout bon kiffeur de cette musique, j’ai remonté le fil et me suis ensuite penché sur les samples. Parcours classique, je commence par la soul, le funk et le jazz.
De fil en aiguille, je me suis mis à écouter dans tous les styles, à chercher des boucles pour mon frère, donc à élargir le spectre de mes « recherches » musicales, sans aucune frontière, ce qui me vaut aujourd’hui d’écouter de tout, sans exception.

Quelle est la motivation première qui vous a encourager à fonder Still Muzik en 2008?

Adrien: A ce moment là, Fabio était à Montréal où il finissait ses études et travaillait pour un label. Moi j’avais un peu de sous de côté et je voulais monter une affaire. J’avais différentes idées et puis je me suis dit qu’il valait mieux faire un truc qui me plaise, et j’ai proposé à mon frère de rentrer et de monter un label avec moi. Ce qu’on a fait.
Au début on avait de grandes ambitions, on a réussit à lever des fonds, à trouver des actionnaires. On voulait faire un label généraliste avec une plateforme de téléchargement légal avec un prix libre pour acheter la musique des jeunes talents qu’on avait démarcher à l’époque.
On avait un catalogue d’une cinquantaine d’artistes dans tous les genres.
Les actionnaires nous on assez vite lâché, ça a été un peu compliqué de poursuivre le label, mais on a réussit à conserver le nom et à remonter une structure.
On a recentré notre production sur un style qu’on connaissait vraiment et qui nous plait depuis toujours, le hip hop. L’émergence de la beat scene et du beat making comme un genre à part entière, nous a séduit direct. Et c’était logique pour nous produire ça.

Fabio: On voulait tenter l’aventure de monter une boite à partir de 0, dans un domaine qui nous plaisait, et allier la musique et les nouvelles technologies. On voulait niquer Itunes et les majors 🙂

Que pensez vous de l’état actuel du marché hip hop aujourd’hui en France?
Comment évaluez vous la qualité de l’offre française actuelle et comment préssentez vous l’évolution du hip hop dans les années à venir?

A: Quand tu dis le marché du hop hop en France, il faut distinguer deux choses.
Si on évoque le rap français, je risque fort de passer pour un rabat joie aigri. Mais honnêtement, même si c’est un sentiment à la con, je suis un peu nostalgique de l’époque qu’on a connu. L’émulation était telle que presque tout ce qui sortait fracassait, au niveau des lyrics comme dans la prod. Il y’avait une vraie recherche et de vraies plumes.
Aujourd’hui je trouve que beaucoup de choses se ressemblent mais surtout que ça manque cruellement d’humour. On se demande si ce qui sort maintenant c’est bon ou mauvais moi perso je suis dépassé, j’ai même plus d’avis. Il y encore quelques rappeurs français qui me font kiffer heureusement, mais franchement ils ne sont pas légion.
On est dans une logique de surabondance de l’offre, donc tu as de tout, du très bon comme du très mauvais. Ce que les médias mettent en avant c’est évidement, ce qui a de plus con et de plus pourris et ça m’énerve franchement. Mais c’est pas nouveau.
Si tu parles du créneau dans lequel on est nous, Je pense qu’il y a des trucs super qui se font et que le marché se porte bien, les labels qu’on a en France sont franchement bons et propose de la qualité. Rien que dans notre entourage, il y a de quoi faire et ça blague pas.
En revanche il y a un truc contre lequel tu peux pas lutter qui est un peu déplorable, c’est qu’un artiste préférera toujours signer avec un label ricain ou anglais qu’avec un label français.
Il faut dire que le rayonnement n’est pas le même, le marché est quand même beaucoup plus restreint ici, et je crois que plus généralement la France n’est pas un pays très musical.
Je suis plutôt optimiste pour les années à venir, ce qui m’inquiète plus c’est la consommation qui est faite de la musique en général. La musique est jetable de nos jours et les projets deviennent très vite obsolètes. C’est pour ça qu’on fait des vinyles, ça au moins, ça reste.
Il ne restera que ça : les vinyles et les cafards.

F: Je ne sais pas si on peut parler de marché de mon point de vue. Marché ça signifie tenter de gagner un maximum de sous. Moi personnellement je le vois comme un truc de passionnés, et je suis beaucoup entouré de passionnés qui ne font pas ça pour l’argent. Après si on parle d’industrie musicale, ça m’interesse moins car les dynamiques sont trop tournées sur l’argent, et j’essaye de me débarrasser de ça au niveau de ma musique, que la création et la diffusion soient moins tournées vers le business. Pour l’avenir du hip hop, moi j’aime de plus en plus la musique instrumentale. Ca veut pas dire que j’aime pas les mc’s attention, il y a des trucs de fou qui se font comme team backpack. Je suis content qu’il y ait autant de production musicale au sens large aujourd’hui. Tu peux trouver de tout, dans tous les styles, avec ce qui a déjà été produit c’est un plaisir d’écouter du bon. Du coup oui je pense que l’avenir du hip hop et de la musique en général sera radieux.

Le public de Still Muzik est il français?

A: Je pense qu’il est peu français mais surtout international. L’avantage de produire de la musique instrumental, c’est que ça t’ouvre les frontières.

F: On a pas de stats, c’est vrai que le public étranger est plus enclin à payer et à acheter des objets que les français, mais on a aussi beaucoup de gens qui nous soutiennent ici.

Pensez vous que Paris est une place majeure de la beat scène aujourd’hui, en terme d’évènements et de lieux dédiés, de public?

A: Paris est incontestablement une place majeure de la beat scène.
Après en termes de lieu, je trouve qu’il n’ y’a plus grand chose. Paris est minuscule et il n’y a plus de place. Mais il y a un public, c’est sûr.
« Paris et le désert français », cette expression des années 70 est toujours d’actualité, les jeunes de province n’ont qu’une seule envie, c’est de se barrer et de venir à Paris. C’est pas un hasard même si je pense qu’il y a plus a faire en province. Il y a plus d’espace, à tous points de vue.
Le problème c’est si Paris est elle même un désert ,ça devient compliqué…
Avec internet, tu peux te faire entendre et te promouvoir sans bouger de chez toi même si t’es dans le trou du cul de la Marne.

F: Paris oui est une place majeure de la beat scene, la France en général regorge de bons producteurs. La beat scene pour moi est encore en démarrage, il y a encore un tas de gens, y compris dans le milieu hip hop qui ne connaissent pas du tout ce délire. A mon avis il y a encore de la place pour des bons évènements de beat à Paris et ailleurs. Le public pour ce genre de scènes et encore limité et va grossir à mon avis.

Connaissez vous des villes en France qui ont des évènements, des crews dédiés à la beat scène?

F: On connait pas mal de beatmakers qui ne vivent pas à Paris. Rennes, Lille, Lyon, Caen, Nantes, Strasbourg. Pour faire écouter ton son sur le net, tu n’as pas besoin d’habiter Paris, encore moins s’il fracasse.
Il y a aussi pas mal de lieux en province qui programment des évènements dédiés à la beat scène, ça reste en grande partie comme à Paris : des bars, des petites salles. Peut-être qu’il faudrait organiser un gros festival ?

Est ce que Still Muzik est votre activité première?

A : Malheureusement non. On bosse chacun de notre côté, c’est très dur de nos jours de dégager suffisamment de bénéfice dans la musique pour se payer, surtout dans notre créneau qui est vraiment un marché de niche.
On fait notre beurre par ailleurs.
On réinvestit tout ce qu’on gagne avec Still dans Still, notamment pour faire des sorties en vinyle.

F : Non, et c’est mieux comme ça pour nous. On a pas de pression et on sort que ce qui nous plait et qu’on a envie de défendre à fond.

Quel développement souhaiteriez vous pour le label ces prochaines années?
Pensez vous qu’un autre format ou support que le digital pourrait revaloriser la manière de vendre de la musique dans un futur proche?

A: On suit plutôt une bonne évolution. Les artistes avec lesquels on a collaboré nous suivent toujours pour la plupart. L’ambition est toujours la même faire de beaux et bon projets qui nous bottent.
Je n’ai personnellement pas le moindre attachement à la musique en digital, après si tu veux vivre un minimum en cohérence avec ton époque, tu es obligé de digger sur le net.
Au delà du support, il y truc qui ne trompe pas, c’est si ton son est bon ou pas.
Si ce que tu fais est tout pété, c’est pas parce que tu sortiras un vinyle que ton son deviendra bon.
Paradoxalement, le vinyle est clairement le nouveau support pour vendre, revaloriser et promouvoir la musique.

F: On aime beaucoup l’objet vinyle. En plus du son qui ressort mieux à mon goût, il y a le format, la pochette etc. On se souvient souvent des circonstances qui ont amené à nous procurer un vinyle. Qui se rappelle du moment quand il a téléchargé un bon son sur le net ?
Pour le label, on est pas mal déjà là. Mais dans l’avenir je pense qu’on aimerait bien organiser et participer à plus encore d’évènements live, en tant que dj ou en invitant du monde. Le live, c’est vraiment cool.

Beaucoup de labels comme Cascade et My Bags sortent des tapes, que pensez vous du support et de sa remise en marché?
Avez vous des projets de décliner des sorties en cassettes?

A: Lorsqu’on a sorti Le »Drums Come From Africa » d’Al Quetz, il avait l’idée d’en faire un petite série en cassette et je m’étais mis en quête de fabricant mais franchement ça coutait un bras, du coup on a renoncé. C’est dommage parce que le projet s’y prêtait tout particulièrement et que cet album est une tuerie.
J’en ai fait 2 prototype, c’est à peu près tout ce qui est sorti en tape de chez nous.
Depuis, je sais que c’est devenu plus accessible, que ça se développe, si ça c’est pas un putain de paradoxe aussi…
Avant les vinyles, il y avait bien entendu les cassettes enregistrée. D’abord la radio et on s’en faisait entre pote, j’ai passé une bonne partie de ma jeunesse à faire des cassettes.
C’est un support que j’adore, le son sur bande, ça claque.

F: On connaît des gars qui font du bon taf My Bags 🙂
Disons qu’on aime l’idée que les gens, au-delà de l’objet écoutent aussi la musique, j’espère que tous les gens qui achètent une cassette ont un poste cassette. Sinon je vois pas l’intérêt.
Pour ce qui est d’en sortir en cassette pour les artistes du label, pourquoi pas, mais j’aimerais qu’on ait un packaging ou une pochette un peu originale, dédiée à ce format, par exemple.

Les deux derniers LP de Still Muzik sont très soignés sur tous les plans, quel sont vos prochains projets avec Still Muzik?
Des blazes, des indices pour nous donner l’eau à la bouche?

A: Merci pour le compliment, mais ceux d’avant étaient moins soignés c’est ça? 😉
Pour ce qui est des projets, on va sortir un EP d’ Elaquent en vinyle, Le volume 3 de « Looking For The Perfect Beat » (en digital free price), un album pour Al Quetz, et on a pour projet de faire un album des frères Pastor, pour lesquels on va sampler le nectar de la collection de disque.
Concernant le côté soigné de nos sorties, je tiens à mentionner notre graphiste Marone, qui est à l’origine de ces magnifiques pochettes.
Still Muzik c’est l’association de ces deux mondes, le côté musical dont on se charge et le côté visuel dont se charge Marone et notre attachement au vinyle est aussi lié à ça.
Il y a tellement de choses à faire quand tu fais du print, tu peux développer beaucoup plus ta créativité que quand tu fais du numérique.
De ce point de vue là on concocte des super beaux trucs aussi.

F: L’actu du moment c’est la sortie de The Marv en vinyle disponible dans tous les bons points de vente et sur notre bandcamp http://stillmuzik.bandcamp.com/album/a-king-of-tunes-ragadevan
Ce projet est en effet très abouti, on est très fiers du son et de la magnifique pochette de MarOne.

Quel message voulez vous donner aux auditeurs concernant votre mix?

Qu’il faut ouvrir ses chakras, ses cages à miel et surtout se détendre, ce n’est que de la musique.

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The Stuntman Show #9 mixed by Electroom Acoostap + guestmix by les Frères Pastor

Tracklist /

Electroom Acoostap mix

  1. K.R.S 1 – P Still Free
  2. Cole Nibbe X Howie Wonder – Repeat
  3. Naster – North Face
  4. D. Phillips – Horus
  5. Barrio Ltd – Really (Illy) X Pete Rock & C.L. Smooth – Ghettos Of The Mind
  6. Aywee Tha Seed – It’s Awhight
  7. Oudies – 2043 X Mobb Deep – Shook Ones
  8. Electroom Acoostap – Lone Baby In Babylone X M.O.P. – Stick To Your Gun
  9. Baron Rétif & Concepcion Perez – China Club X Easy E – Hittin Switches
  10. 10. Damacha – Chameleon feat. Pantoo
  11. The 1978ers – One Nine 7-T-8
  12. Funky Bijou – Sadbreak X Alkaholiks – Daaam
  13. Smuff Tha Quizz – Boomtres
  14. Diogenes – Don’t Call It A Beat Tape
  15. Dirty Hairy – Sentimentally Mad
  16. Leland Aleem Farir – Momma’s Shoopty
  17. The Forthy Fivers – Strange Weather X Foundation & Rezidue – Don’t Get It Twisted
  18. Ill Sugi – Green Sap
  19. STB – It’s All Good
  20. Walt Sicknin – Sp-12 Gauge Medline remix

Frère Pastor (Still Muzik) mix

  1. The Geek & VRV – If you want Her
  2. Little Indian – One Littlle Indian
  3. Vytis – Deparure
  4. Wendell Stuart & The Downbeaters – My world is empty without you
  5. Shores of Gold – Morungo
  6. Ormen – Ormen Skitesbog
  7. Mofak – Party Time
  8. The 45 King – Block Party
  9. Dogg Pound & Snoop Dogg – LA here’s to you
  10. Kurious – I’m Kurious (instru) / Paris – Days Of Old
  11. Redman – Can’t wait (Giallo point remix)
  12. Bo Hansson con el P
  13. residente Correa (Outro)

Shouts to Electroom Acoostap / Les Frères Pastor /
Still Musik / Joe Art / Sal Martin / All Cascade creW ::: P E A C E ~

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